< Le parc d'attraction / the elements

D'abord vous devez comprendre que pour goûter à cette exposition vous allez devoir faire un réel effort d'immersion, d'immersion.
D'abord vous devez être tolérant, tolérant, c'est à dire faire abstraction de la médiocrité des maquettes, m'écouter et surtout vous projeter à l'intérieur, à l'intérieur. (musique)

 

plans

Vous êtes dans un désert, le sable crisse doucement sous vos pieds, il ne fais pas très chaud mais la lumière est nette. Vous arrivez sur une dalle sans joints. Parfaite, pas de poussière. Vous exister à cause du vent sur vous et peut-être aussi parsec vous arrêtez la lumière. Vous marchez, vous marchez.
Un mur infini.
boyau

Une porte juste assez grande pour vous. Vous entrez à quatre pattes. Vous entrez sans crainte dans ce couloir sans lumière. Un boyau qui descend, tourne, toujours dans le noir, ça grimpe , les genoux ne sont pas des pieds, les mains ne sont pas des pieds, toujours obscur, ça descend, ça monte, ça tourne, on entends quelque chose de lointain, un son qui brille, a quatre pattes, on monte, on tourne, la lumière.
cloche
Des bruits de cloches on dirait , des bruits de cloches, aigus graves, vers la lumière, au loin ding dong donk ding dinding dondink dong ding. La lumière, je me tiens debout sur une passerelle, dans une une grande demi-sphére ouverte sur le dessus.
Sous la passerelle une turbine tourne et tape violemment des balles molles, dures, de toutes couleurs, c'est un endroit merveilleux. Le hasard organise une mélodie sans colonne vertébrale, quelque chose de très charmant.
plume
J'entends un bruit cyclique, une turbine, le bruit de l'électricité. J'arrive dans un oeuf , des milliers des milliers de plumes volent partout, tout, tout monte, tout descend, je marche sur la passerelle métallique qui traverse l'oeuf en diagonale. Les plumes en furie prés des turbines, moi, corps caressé par des flux, sur la passerelle métallique, métalliques, les plumes les plumes.
sac
Je tombe dans un sac, je tombe dans un pont. Je suis comme un poulet, plaqué de célophane de tout les cotés, je crois que je vais étouffer, mourir, je n'ai aucune chance, je ne peux pas respirer, je me débat inconscient, j'avance écrasé par mon propre poids, quand je pose le pieds je plaque la membrane plastique contre mes oreilles, je dois sortir, j'étouffe, je dois sortir
echaffaudage
Je suis à la porte du bas, devant tout là haut une porte de sortie. Toujours, jamais le choix, les échafaudages partout, faire l'araignée grimper. On peux se déplacer dans toutes les directions, mes mains saisissent les tubes, dans toutes les directions du repère, on en oublierai la gravité, la chute, la mort, l'impression qu'on est libre rend invincible, immortel, immortel.
couloir
J'arrive dans un couloir recouvert de feuilles, de tiges, de poils, des tubes irréguliers mi rigides mi élastiques que je passe avec difficulté, je m'y enfonce et je n'en voie pas la fin. Les murs me bâtonnent, qui sont autant d'obstacles, qu'il faut pousser, charger, enfoncer son corps, charger forcer forcer. On en sort. une trappe.
spirale
Un petit escalier, une trappe ronde, je sors. un espace rond ouvert en tissus noir. Tourne tourne tourne. Une ouverture, j'avance tout droit en partant du centre comme un rayon, devant mon front. Les murs flottent devant moi comme un travelling sans fin, je ferme les yeux les mains ouvertes devant, les murs polissent le bout de mes doigts, défilent. Mes doigts ne comprennent plus, ils exultent, jouissent, c'est trop fort pour eux, ils disjonctent, je n'ai plus de doigts, j'avance doucement.
rien
Je me retrouve dehors, mes yeux sont brûlés, je pèse une tonne, j'ai le vertige, je suis debout.
cheminée
L'angoisse coincé dans cette cheminée, pas d'issue. Sans issue. Juste un triangle de lumière tout là haut.
Attendre.
Laisser son corps glisser par terre, le dépit, la fatigue, le goût de l'abandon, l'abandon mon guide mon sauveur. Mon corps glisse, las, glisse, les murs s'écartent et me lèchent, je frotte, je sors.
passerelle
Il faut y aller. une passerelle sur un fil, un fil, un, un, un, un.
C'est pas difficile, marcher, un pied, l'autre, pied. C'est long ça bouge. C'est de mon en moins pénible. Il n'y a plus de danger, je vole comme un train.
escalier
Un escalier sans arrêt tellement long qui descend en se rétrécissant, qui descend tellement que mes jambes automatiques déconnent. Déconnent elles déconnent, automatique déconne. Ca rétrécit, rien se passe, l'air, déconne, j'arrive en bas, j'ai peur. Je m'arrête, passe une petite porte, respire. Il faut tout remonter. Il ne sert à rien cet escalier.
chaos
C'est une zone de chaos. Une décheterie, la guerre, une casse, pas de sol pas de ciel, l'obscurité uniforme descend sur nous, nous avale, nous trempe. Bouger son corps dans les déchets , abrupts, les formes de l'histoire, les fragments brisés, tout ça le vrac, le vrac. Le désordre, les rochers, ce désordre, tâtonner sur irrégularités des surfaces, ça s'approche, le corps sort du petit côté de l'entonnoir du chaos.
labyrinthe
C'est l'anxiété, de l'anxiété, une porte, une porte, c'est quoi ça ? C'est un bâtiment ? Un couloir ? C'est un labyrinthe ? Je marche, toutes les portes sont différentes, un mur proche, un mur loin, rien de prévisible, loin gauche droite, oblique, alignés, proche, différent, une porte, gauche, droite, droite, gauche, droite, gauche gauche prés, le vide se dérobe, le vide se cache, rien de prévisible, l'anxiété. Tout aligné et puis encore autre chose, je ne sais quoi.
vahiné
Une salle nue carrée, un cube, le plafond en vinyle noir descend sur moi, une couverture de macadam, légère et bruyante qui se froisse colle à la peau, on la pousse, elle revient sur mes parois, il n'y a plus de distance, je n'ai jamais eu d'objectif, c'est quand même la confusion. Par chance je trouve la sortie, je me retrouve par dessus le film plastique noir brillant et vivant, je m'enfonce, le sol dur sous mes pieds se dérobe, ça gonfle, le plastique se tends, m'inonde, gonfle dans un vacarme insensé. Je suis expulsé, propulsé dans les airs.
nucléaire
Je suis dans un réacteur nucléaire, l'énergie pure, l'énergie de l'atome, je ne suis rien dans ce réacteur vide, je ne suis rien, je disparais.
grue
Je suis devant une grue, je suis un jouet, je suis petit, je grimpe, le vide dans mon dos, je grimpe, toujours plus vers le haut, j'oublie pourquoi.
Maintenant le couloir horizontal, ça parait évident mais il n'y a plus que ça l'horizontal, pure, en dessous la mer, si loin, c'est du béton. Je me casserai les jambes, je me briserai le dos, je saute.
mer
La mer juste en bas. D'où je suis, entre le ciel et l'eau ça me rappelle la dalle infinie et sans poussière ni joints. L'eau c'est encore plus dur. C'est transparent vers les abysses, noires sans fond, c'est un miroir dans lequel on ne voit que le ciel. Je saute dans l'océan. maintenant je marche au dessus du vide obscur et sur le ciel.
dôme
Le dôme, la chapelle Sixtine, l'extase, la charpente en papier, en quartz, les filets et les aplats de couleurs, pas d'angle, le bonheur, ça donne le tournis, c'est si grand, plénitude, comme un espace dont la rondeur aurait été moulée directement sur votre crâne, un espace respiratoire et pourtant qui colle à la peau comme de l'alcool.
     
     
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